ISLANDE | Roadtrip de la côte sud aux fjords de l’est

7 mai 2024 | Voyages

Quelques jours après avoir randonné sur le sentier du Laugavegur (récit et images à retrouver par ici), voici venu le temps pour nous de parcourir les routes d’Islande à la découverte des nombreuses facettes et variations de paysages qui jalonnent l’île.

Ce deuxième article est consacrée principalement aux côtes du sud ainsi qu’à l’est du pays. Plages de sable noir, lagunes glaciaires et fjords imposants défileront ainsi au gré du chemin !

Table des matières

Aparté : Islande et tourisme de masse

Vík & Jökulsárlón : les classiques

Skaftafell : la parenthèse sauvage

Les fjords de l’est : aux prémices de l’automne

Conclusion

Conseils et bons plans

Afin d’accompagner le tout, vous trouverez ci-dessous une petite playlist concoctée en amont du voyage l’année passée. A récupérer peut-être pour votre prochain passage sur l’île, ou à écouter au fil de ce récit si vous le souhaitez. Elle mélange artistes islandais et divers morceaux propices à la contemplation de paysages nordiques. Bonne écoute !

Aparté : Islande et tourisme de masse

Avant de passer au voyage en lui-même, il me parait honnête de faire un petit aparté sur un aspect ambivalent quand on parle de l’Islande : le tourisme de masse. Il faut savoir que dans la haute-saison (entre juin et août), il y a parfois 7 fois plus de touristes sur l’île que d’Islandais et la moyenne générale du nombre d’arrivées n’a fait qu’augmenter entre 2010 et 2018 (avant de tout de même baisser à la suite de la pandémie de COVID-19). C’est un peu toute la contradiction de cette destination : on s’y rend généralement pour ressentir un dépaysement propre aux grands espaces sauvages, contempler des étendues désertiques et se sentir loin de toute civilisation, mais finalement, il arrive souvent de se retrouver tous agglutinés à contempler les mêmes points de vue. Chacun essayant vainement de ne pas inclure la foule présente dans ses photos et contribuant donc malgré lui à faire perdurer une image quelque peu fantasmée des lieux.

Bien que je noircisse un peu le tableau et que cela s’applique avant tout à quelques endroits très prisés de l’île (il y a encore de nombreux coins magnifiques à l’affluence tout a fait modérée), il n’empêche que ça soulève inévitablement quelques questions : ai-je vraiment envie de m’ajouter à la masse de touristes déjà présente en Islande ? Ne serait-il pas plus raisonnable d’attendre que la pression du nombre de voyageurs baisse pour m’y rendre ? A vrai dire, même après avoir décidé d’y aller malgré tout, je ne suis pas sûr d’avoir réponse à tout ceci.

À défaut de pouvoir résoudre ce dilemme, il faut je pense au moins essayer d’y voyager de manière responsable et avertie si on se décide à y aller : privilégier le hors-saison, respecter les réglementations des espaces naturels, et bien sûr ne pas retourner sur l’île à la moindre occasion. D’autre part, ne pas oublier que bien qu’on ait peut-être l’impression d’être vigilant sur tout ces points, notre impact ne s’en retrouve pas soudainement réduit à zéro. Il n’est donc pas souhaitable de faire la morale à qui que ce soit, mais rester sensible à ces questions permet déjà d’améliorer un peu les choses.

Voilà, après avoir cassé l’ambiance, essayons maintenant de nous raccrocher à nouveau au wagon de l’émerveillement 🙂

Vík & Jökulsárlón

Les classiques – Du 4 au 6 septembre 2023

Les premiers endroits visités dans la partie sud de l’île sont effectivement ceux qui nous ont paru les plus intensément fréquentés de tout le voyage, et ce n’est donc pas par hasard si j’ai commencé par parler de surtourisme dans cet article et pas dans le précédent. C’est forcément lié à la relative proximité avec la capitale, mais pour autant nous allons découvrir que leur popularité n’est pas vraiment démérité.

Vík et ses alentours

Vík est un petit village situé sur la côte sud-ouest de l’Islande, il possède principalement deux points d’intérêt : la plage de sable noir de Reynisfjara et les falaises de Dyrhólaey.

Dyrhólaey est un point de vue intéressant, qui permet d’admirer les fameuses plages de sable noir en prenant un peu de hauteur, ainsi que l’intérieur des terres qui à cet endroit forme de petites zone humides peuplées de nombreux oiseaux.

En début septembre nous étions un peu tard dans la saison pour observer d’autres espèces que des mouettes ou des goélands, mais plus tôt durant l’été, de nombreuses colonies de macareux s’établissent dans ces falaises.

Du côté de Reynisfjara, on est sans doute sur l’un des lieux les plus emblématiques de l’Islande : une plage recouverte d’un sable noir obsidienne et bordée d’impressionnantes parois de basalte aux textures et à la géométrie des plus intrigantes.

Textures de roches sur les falaises de Reynisfjara

Non loin du bord, deux grands pics rocheux (appelés les Reynisdrangar) émergent du fracas des vagues. Survolés en permanences par des essaims de mouettes et de goélands criards, ils impressionnent par leur stature monolithique.

En y allant très tôt le matin nous avons eu la chance de ne pas y croiser grand monde, mais sachez que l’endroit se remplit rapidement dès les premières lueurs du jour.

Jökulsárlón

Plus à l’est se trouve Jökulsárlón, un lagon remplit de blocs de glace situé juste en dessous de l’énorme glacier du Vatnajökull. C’est un lieu assez hors du temps, où des morceaux de glace flottent lentement au gré du courant jusqu’à l’embouchure de l’océan, pour se retrouver ensuite à nouveau charriés sur la plage de sable noir en contrebas. C’est également un coin propice à l’observation des phoques qui sont souvent présents dans ce coin-là, barbotant tranquillement dans les eaux froides.

Un endroit un peu paradoxal puisque sa particularité est en grande partie due au réchauffement climatique et à la fonte extrêmement rapide des glaciers en Islande. Il y a donc un sentiment un peu étrange à s’émerveiller devant ce ballet d’icebergs à la dérive, beau et triste à la fois.

Là aussi, le lieu est plutôt fréquenté, mais un petit détour par Fjallsárlón à quelques kilomètres de là permet d’observer un autre lagon un peu moins couru offrant également une superbe vue sur le glacier.

Skaftafell

La parenthèse sauvage – 5 septembre 2023

Le Skaftafell est un parc naturel situé non loin de Jökulsárlón, aux reliefs assez marqués et offrant une vue imprenable sur les bords du glacier du Vatnajökull. Si je n’avais qu’un seul lieu à recommander pour la partie sud de l’île, ce serait sans aucun doute celui-ci.

Un centre d’information et un camping (très bien aménagé) font un idéal camp de base duquel partent les nombreuses randonnées permettant de découvrir les espaces naturels du parc. Nous avons personnellement opté pour la boucle ci-dessous sur un long après-midi, mais une bonne variété d’itinéraires de toutes difficultés et durées sont indiqués sur les panneaux à l’entrée du parc.

Après environ 1h30 de marche sur le parcours, aux alentours de Skerhóll, nous ne croiserons plus qu’une poignée de randonneurs (la plupart des gens s’arrêtant à la cascade de Svartifoss). La hauteur prise à cet endroit sur la plaine alluviale en contrebas permet de révéler des motifs saisissants, et de se rendre mieux compte de l’immensité folle des lieux :

L’ascension continue jusqu’aux abords du Kristinartindar, un sommet culminant à 1126m. Les derniers 500m menant au sommet sont très verticaux et exposés, mais il est tout a fait possible de profiter de la vue sur le glacier en restant en contrebas, sur le tracé de base.

Le reste de la boucle se fait par une descente légère, permettant d’admirer la langue glaciaire se déversant dans la partie est du parc. Terminer par cette section était une très bonne idée, la lumière rasante du soleil en fin de journée faisant ressortir les contrastes et nervures des montagnes en vis à vis, et leur végétation de mousses si particulière.

Vous l’aurez compris, le Skaftafell aura été un des grands coup de cœur de ce voyage et un des rares endroits de la côte sud qui nous a paru relativement préservé du tourisme de masse. Si vous avez l’occasion de vous y attarder plus d’une journée, et de prendre le temps d’explorer ses nombreux sentiers, vous ne devriez pas être déçus.

Les fjords de l’est

Aux prémices de l’automne – 6 et 7 septembre 2023

A partir de la côte est de l’île, les prémices de l’automne se feront sentir. Déjà début septembre, les prairies commencent à jaunir et les rares arbustes se parent de teintes orangées. La route longeant la côte est magnifique, il est très agréable de parcourir ses nombreux lacets en s’arrêtant de temps à autre pour admirer l’entrée d’un fjord ou les impressionnantes falaises du bord de mer.

Nous faisons également un petit arrêt pour une nuit à Seydisfjördur, un petit village servant de point d’arrivée aux ferrys sur l’île. Le hameau est très joli et situé au creux d’un fjord gigantesque. Je n’ai malheureusement pas de photos très intéressantes de l’endroit, mais ça peut être une parenthèse bienvenue si vous visitez le coin.

Hengifoss

La suite se fera plus à l’intérieur des terres, avec la cascade d’Hengifoss : une chute d’environ 120m de hauteur caractérisée par un millefeuille d’argile rouge et de basalte du plus bel effet.

Si la cascade seule vaut le détour, la rive sud du lac Lagarfljót à proximité est également très belle. C’est un des rares endroits d’Islande avec de la forêt un peu dense, et avec un peu plus de temps à disposition, on s’y serait bien arrêté quelques fois pour explorer le coin.

Stuðlagil

Plus au nord, nous empruntons une petite piste pour découvrir le canyon de Stuðlagil. Ce dernier n’a été découvert qu’assez récemment, révélé par des travaux hydroélectriques plus en amont de la rivière Jökla qui ont affecté le niveau d’eau à plusieurs endroits. En ont émergé ces formations rocheuses si particulières, typiques des territoires volcaniques.

La vision de ces orgues basaltiques noir jais, sublimés par les couleurs de l’automne et la lumière flamboyante des couchers de soleil islandais, a quelque chose de réellement magique.

Même si l’endroit est magnifique, il est aussi malheureusement un peu victime de son récent succès. Pas autant fréquenté que les hauts-lieux touristiques du sud, mais son relatif isolement fait qu’il n’a pas vraiment l’infrastructure nécessaire pour supporter le nombre de visiteurs présents. Après coup je ne sais pas si je m’y rendrais à nouveau aujourd’hui, mais vous êtes prévenu, il n’est pas (ou plus) le petit canyon secret et confidentiel vendu par certains blogs ou guides touristiques.

Conclusion

En définitive, ces parties sud et est de l’Islande ont été de très beaux moments du voyage. Il faut certes accepter que certains lieux soient bien touristiques, mais il reste toujours quelques possibilités de se retrouver dans des espaces naturels grandioses. Et encore, il y a de nombreuses choses prometteuses que nous n’avons pas eu le temps de voir sur la route.

La troisième et dernière partie du voyage se fera au nord de l’île et dans les Westfjords, des régions moins fréquentées qui nous ont permis de retrouver quelques coins plus sauvage et éloignés des sentiers battus. Le récit sera à retrouver tout prochainement parmi les autres articles.

Conseils et bons plans

  • Si vous voyagez durant des périodes pas trop froides, dormir en camping est un excellent moyen d’économiser de l’argent sur la route. Ils sont en général bien aménagés et il est rarement nécessaire de réserver à l’avance pour une simple nuit sous tente (pour les camping-cars c’est peut-être plus compliqué). Ceux de Skaftafell et de Seydisfjördur étaient plutôt sympas. Attention cependant, le camping sauvage est interdit à moins que vous soyez en randonnée itinérante dans des zones très isolées.
  • La chaîne de supermarchés Bónus est à priori la meilleure marché d’Islande. Faites-y des provisions avant de vous lancer sur la route, car il y en a assez peu en dehors des villes principales (Reykjavik, Akureyri, Egilsstaðir et Ísafjörður).
  • Le site https://www.voyage-islande.fr/ est un excellent site collaboratif, régulièrement mis à jour et répertoriant un nombre conséquent de lieux à visiter ainsi que les recommandations pour s’y rendre. Le tout est en français et avec un forum pour poser ses éventuelles questions.

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